Avant de commencer : trois choix à préparer
La déclaration en ligne va vite, à condition d'avoir fait ces choix à l'avance.
- Votre nom : votre entreprise porte votre nom, obligatoirement précédé ou suivi de la mention « entrepreneur individuel » ou « EI » sur tous vos documents (devis, notes, tarifs, publicités). Vous pouvez y ajouter un nom commercial, par exemple « Les Ongles de Léa », à déclarer lors de l'immatriculation.
- Votre adresse : l'entreprise peut être domiciliée chez vous si votre bail ou votre règlement de copropriété ne s'y oppose pas. Recevoir des clientes chez soi obéit à d'autres règles, détaillées dans notre guide complet.
- Votre rythme de déclaration : chaque mois ou chaque trimestre. L'option trimestrielle se choisit dans le mois qui suit le début d'activité. Au démarrage, le trimestre est souvent plus simple à gérer.
Étape 1 : déclarer votre activité en ligne
La déclaration se fait sur le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr, géré par l'INPI, au plus tôt un mois avant le début de votre activité et au plus tard 15 jours après. En tant qu'artisane, vous êtes inscrite au Registre national des entreprises (RNE).
Préparez ces documents :
- une copie de votre pièce d'identité ;
- une déclaration sur l'honneur de non-condamnation et une attestation de filiation, datées et signées ;
- un justificatif de domiciliation de l'entreprise, comme une facture d'électricité ;
- si vous êtes mariée sous le régime de la communauté, une attestation d'information de votre conjoint.
La démarche est gratuite. Le guichet transmet ensuite votre dossier à tous les organismes concernés : Urssaf, impôts, Insee, chambre de métiers, assurance maladie. Vous recevez d'abord un récépissé « en attente d'immatriculation », puis votre justificatif d'immatriculation.
Attention aux sites privés qui font payer cette démarche : l'Urssaf rappelle qu'elle est totalement gratuite sur le site officiel.
Étape 2 : SIRET, code APE et affiliation
Selon l'Urssaf, vous recevez votre numéro SIRET en 15 jours en moyenne. Il est indispensable pour facturer vos clientes. Votre affiliation à l'Urssaf vous est confirmée en 4 à 10 semaines.
Votre code APE est attribué automatiquement par l'Insee : c'est en principe le 96.02B « Soins de beauté ». Il n'a pas de valeur juridique, mais sert aux statistiques. Au 1er janvier 2027, toutes les entreprises changeront de code avec la nouvelle nomenclature : vous pourrez consulter le vôtre sur sirene.gouv.fr.
Étape 3 : demander l'ACRE dans les 60 jours
Si vous êtes par exemple demandeuse d'emploi indemnisée, bénéficiaire du RSA ou âgée de 18 à 25 ans, demandez l'ACRE à l'Urssaf au plus tard 60 jours après le début de votre activité. Sans réponse sous un mois, elle est considérée comme accordée.
Pour une micro-entreprise créée depuis le 1er juillet 2026, l'exonération est de 25 % : votre taux de cotisations sociales passe de 21,2 % à 15,9 %, jusqu'à la fin du 3e trimestre civil qui suit le début de votre activité. Par exemple, pour un début d'activité le 3 septembre 2026, le taux réduit s'applique jusqu'au 30 juin 2027.
Étape 4 : ouvrir un compte et vous assurer
Un compte bancaire séparé devient obligatoire si votre chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années de suite. Il peut s'agir d'un simple compte personnel dédié. Ouvrez-le dès le départ : vos déclarations en seront beaucoup plus simples.
L'assurance responsabilité civile professionnelle n'est pas obligatoire en général, mais elle est fortement recommandée : une réaction allergique ou un ongle abîmé peuvent vous être reprochés par une cliente.
Étape 5 : déclarer votre chiffre d'affaires
Vous déclarez sur autoentrepreneur.urssaf.fr le chiffre d'affaires encaissé, et vous payez en même temps vos cotisations.
- En trimestriel, les échéances sont le 30 avril, le 31 juillet, le 31 octobre et le 31 janvier.
- Votre première déclaration intervient au moins 90 jours après le début de votre activité. Par exemple, en trimestriel, un début d'activité entre juillet et septembre donne une première déclaration au 31 janvier de l'année suivante.
- Déclarez même un chiffre d'affaires nul : chaque déclaration manquante entraîne une pénalité de 60,10 €, en plus d'une majoration des cotisations calculées d'office.
| Prélevé sur votre chiffre d'affaires (prestations de services artisanales, 2026) | Taux |
|---|---|
| Cotisations sociales | 21,2 % (15,9 % avec l'ACRE pour une création depuis le 1er juillet 2026) |
| Contribution à la formation professionnelle | 0,3 % |
| Taxe pour frais de chambre de métiers | 0,48 %, à partir de la 2e année d'activité (0,65 % en Alsace, 0,83 % en Moselle) ; pas due si le chiffre d'affaires de l'avant-dernière année est inférieur à 5 000 € |
| Versement libératoire de l'impôt, sur option | 1,7 % |
Votre chiffre d'affaires annuel ne doit pas dépasser 83 600 € (montant réduit au prorata l'année de création). Tant qu'il reste sous 37 500 €, vous ne facturez pas de TVA.
Étape 6 : facturer et tenir vos comptes
Une note au-delà de 25 €
Pour toute prestation de plus de 25 € TTC, remettre une note à votre cliente est obligatoire ; en dessous, seulement si elle la demande. Elle mentionne notamment :
- la date et un numéro unique qui se suit ;
- votre nom suivi de « EI », votre adresse et votre numéro SIREN ;
- le nom et l'adresse de la cliente ;
- le détail et le prix de la prestation ;
- la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Des prix affichés
La liste de vos prestations et leurs prix TTC doivent être affichés de manière lisible là où vous recevez vos clientes. Un défaut d'affichage peut coûter jusqu'à 3 000 € d'amende.
Un livre des recettes
Notez chaque encaissement : date, montant, origine, mode de paiement. Pour les prestations de moins de 76 € à des particuliers, vous pouvez inscrire un total en fin de journée. Conservez vos justificatifs dix ans. Gardez aussi la trace de vos achats de produits : c'est indispensable pour piloter votre activité.
Et la facture électronique ?
Depuis le 1er septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques de vos fournisseurs. Vos notes remises à des particuliers ne sont pas concernées par la facture électronique. En revanche, à partir du 1er septembre 2027, certaines données sur vos ventes aux particuliers devront être transmises à l'administration : les modalités précises restent à suivre.
Étape 7 : votre déclaration d'impôt
Chaque printemps, vous reportez votre chiffre d'affaires sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO.
- Sans versement libératoire, l'administration applique un abattement de 50 % (305 € au minimum) : seule la moitié de votre chiffre d'affaires est ajoutée à vos autres revenus et imposée au barème.
- Avec le versement libératoire, vous avez déjà payé 1,7 % de votre chiffre d'affaires au fil de l'année : ce revenu n'est pas imposé une seconde fois, mais vous le déclarez quand même.
Le versement libératoire est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence de 2024 ne dépasse pas 29 315 € par part pour une option en 2026. Vous pouvez opter jusqu'à la fin du 3e mois qui suit la création.
Votre première année, en un coup d'œil
Exemple : vous commencez le 3 septembre 2026 et vous déclarez chaque trimestre.
- Août 2026 : déclaration sur le guichet unique (au plus tôt un mois avant).
- Septembre 2026 : réception du SIRET ; choix de la déclaration trimestrielle ; demande d'ACRE.
- Jusqu'au 31 décembre 2026 : option possible pour le versement libératoire.
- 31 janvier 2027 : première déclaration de chiffre d'affaires.
- 30 juin 2027 : fin du taux réduit de l'ACRE.
- 2026 : pas de cotisation foncière des entreprises l'année de création.
Vous hésitez encore à quitter votre emploi ? Lisez Se reconvertir dans la beauté après 30, 40 ou 50 ans. Et pour savoir ce qu'il vous restera une fois ces prélèvements payés : Combien gagne une prothésiste ongulaire indépendante ?